Duckens Charitable : Duccha, le "poète des douleurs chaudes"

Publié le par MiJak

 

0404.jpgLente la terre

 

Lente la terre plus que la vie

d'où l'infini se repaît en silence

 

 

suffit-il qu'elle tressaute la terre

sous mes pieds dans mon dos

pour renouveler un amour

le remodeler comme un argile

réservé à un avenir solide

 

 

suffit-il que j'embrasse le sol

pour ausculter un coeur

partagé de mille couloirs

où on attend toujours

de rompre pour laisser entrer

la magnitude du prochain amour

 

 

Vers-Banos.JPGc'est la vie qui secoue qui remue

de plus belle

en fragiles secondes

qui insupportent de trop vivre

dans le vil danger des murs

c'est la fatigue des immeubles

qui fait grimper la mort blanche

d'un pied lent comme un poison

jusqu'aux toiles d'araignée du silence

ou des cris assourdissants

 

 

lendemains peuplés d'angles fictifs

accessibles aux mains nouvelles

maçonnerie d'un flou vertical

à l'entrée des résonances d'entour

 

 

l'infini se repaît en petits cercles

troubles et turbulences quand

le vide lent chavire la vie

dans la proximité des différences

et la souffrance des éléments

 

Duckens Charitable ( Duccha)

 

Poème publié dans le recueil "Ce qu'île dit", Bacchanales, n° 46, octobre 2010, p. 64

 

Un autre poème de Duccha sur le site : "Parole en Archipel".

 

DucchaDuckens Charitable, dit Duccha, est né en 1982 à Carrefour (Haïti). Après des études d'économie et de sociologie, il devient comédien et poète, écrivant en créole et en français. Son premier recueil de poésie, "La vie en marelle" (2006), a été réalisé en co-écriture avec Denise Bernhardt. Le deuxième recueil, "L'amour du monde" (2010), réunit des "poèmes aux épithètes poignantes et aux accents graves, qui révèlent les aspects d'un monde déglingué, en proie à la fatigue" (Maggy de Coster).

 

Selon ses amis écrivains, Duccha est un « poète maudit » (Dominique Batraville) ou un « poète des douleurs chaudes » (Coutechève Lavoie Aupont). Pour Denise Bernhardt,  Duccha "... garde en lui toutes les souffrances, toutes les blessures inévitables de la vie. Il nous les restitue comme une résurgence, une source d'abondance, sous toutes les formes littéraires : poésie, nouvelles, essais ou théatre, qu'il appréhende et pratique avec un égal bonheur. Il cache, sous un air posé et calme, une extrème sensibilité, et un jugement sans faille sur le monde qui nous entoure ».


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