Le bonheur en musique : de Ray Lema au Staff Benda Bilili

Publié le par MiJak

Le rendez-vous traditionnel de la mi-juillet à Vénissieux "Fêtes Escales" recevait hier au soir le grand musicien Ray Lema en compagnie de son groupe Saka Saka... 


Ballou-canta.jpgIl parait que le nom du groupe a été emprunté à celui d'un plat congolais à base de manioc et de poisson. Hier au soir, la formation présentait des musiciens hors pair : le bassiste camerounais Etienne Mbappé, le batteur Conti Bilong (habituel musicien de Manu Dibango), un guitariste brésilien, Rodrigo Viana, une section de cuivres (un sax cubain, un trompettiste basque et un tromboniste américain, et surtout aux choeurs deux maîtres chanteurs-danseurs congolais  : Ballou Canta (photo) et Luciana Demingongo, habillés classe, façon "sapeurs" congolais...

 

 Ray-Lema.jpgAvec tout ce beau monde qu'il dirige depuis son clavier, Ray Lema nous a entrainés dans un voyage époustoufflant aux accents jazz, funk, reggae, rock mais toujours avec à la base le son et le rythme chaloupé de la rumba congolaise sans oublier les rythmes traditionnels du Congo et de l'Afrique centrale.

 

Il faut dire que le percours de Ray Lema est absolument hors pair. Il suffit pour s'en convaincre de lire le dossier qui lui est consacré sur le site de RFI : ici. Et bien sûr de parcourir sur son site sa discographie qui montre bien la diversité des univers sonores qu'il a explorés.

 

Lui-même affirme : "Mes racines musicales sont congolaises, américaines, européennes, arabes et asiatiques" !

 

Hier soir, Ray et son orchestre nous ont offert un pur moment de bonheur en musique. Un moment habité par la beauté et l'intensité du divers...grâce en particulier à sa voix d’une tessiture maîtrisée, bien entendue marquée de l’empreinte si caractéristique des crooners de la rumba, mais prenant volontiers aussi les intonations d’un poète jazz, d’un griot d’Afrique de l’Ouest ou d’un chanteur de bluegrass du Sud des Etats-Unis.

 

On en a un petit aperçu avec la video ci-dessous.

 

 

 

Ray Lema continue à explorer de nouveaux territoires musicaux, mais toujours sans rien perdre de ses racines. Et ces racines, elles puisent en profondeur dans l'extraordinaire diversité des musiques traditionnelles congolaises. Ray est hanté par la fracture qu'il voit s'instaurer chez les jeunes générations de plus en plus privées de la transmission de ce patrimoine culturel traditionnel :

« En Europe, la culture se trouve dans tous les bouquins. La culture en Afrique se transmettait essentiellement par l’oralité, des plus vieux aux plus jeunes. Après le passage de la colonisation et de l’urbanisation des pays, la chaîne s’est rompue. Aujourd’hui nous nous devons en urgence d’inventorier et de redynamiser nos cultures afin de passer aux générations qui suivent un patrimoine culturel vivace qui puisse les guider dans les méandres de la globalisation ». Ray Lema

 

Ainsi, dans le cadre du festival "Détours de Babel 2012", Ray Lema a mené un projet qui l'a conduit à retourner au Congo, son pays natal où il n'avait pas remis les pieds depuis 32 ans ! Il en a rapporté une impressionnante moisson qu'il a présentée en ouverture festival en mars dernier, sous le titre "Station Congo". Il y était accompagné de musiciens étonnants, tels que Thsimanga Mwamba (tambour luba), Tandjolo Yatshi (avec son surprenant tambour à fente lokombé) ou encore Ngalula Cécile (voix, claves). Tous symboles d'une jeunesse qui allie la musique et les mots pour résister à la violence et dire non à la fatalité dans un pays déchiré. Sur cette création, voir la vidéo ci-dessous :

 

 

 

 

Envoûté par la musique de Ray Lema, malgré la pluie qui tombait, je ne pouvais m'empêcher de penser à l'extraordinaire voyage musical que nous avions vécu il y a deux ans lors des nuits de Fourvière, dans le cadre du théatre romain, avec la Nuit de la Rumba. Un voyage qui se terminait en apothéose grâce aux incroyables musiciens congolais du "Staff Benda Bilili" de Kinshasa... Comme Ray Lema, eux aussi ils sont très, très forts ! trop forts, même ! Attention, avec eux le bonheur est contagieux !

 

STAFF_artpic_01.jpgCliquer sur l'image pour voir une de leur vidéo que je préfère ...

 

Et bien sûr pour ceux qui ne l'ont pas encore vu, il faut aller voir le film  de Renaud Barret et Florent de La Tullaye, présenté en ouverture du festival de Cannes en 2010 :"Benda Bilili"

 


 


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