Le "non" des martiniquais et des guyanais : peur ou détresse ?

Déconcertés : c'est le mot qui exprime sans doute le mieux ce que nous ressentions ce lundi après avoir pris connaissance des résultats de la consultation du 10 janvier en Guyane et Martinique. Ce sentiment n'est pas tant causé par le résultat lui-même que par le caractère massif du refus de la marche vers un plus d'autonomie, symbolisée par le fameux article 74... Peut-être avaient-ils raison ceux qui soupçonnent que cet article dissimulait un piège ( "piège à cons"?)... Mais peut-être avaient-ils raison aussi ceux qui pensaient que c'était là un rendez-vous historique, une occasion pour le peuple guyanais et le peuple martiniquais de donner enfin corps à leurs attentes et à leurs rêves ? Les peuples ont choisi et ce choix doit être repecté... La colère légitime ne peut virer à l'insulte, et nous regrettons les propos excessifs surtout quand ils émanent d'un écrivain aussi brillant que Raphaël Confiant, même si on comprend sa déception...
Christiane Taubira, de son côté, interprète ce résultat comme "un cri de détresse"...
Etait-ce pour chasser ma perplexité, ce lundi 11 janvier, j'ai ouvert un petit volume du poète guyanais Léon-Gontran Damas et suis tombé sur ce poème qui clôt le recueil "Névralgies" :

CITEZ- M'EN
Citez-m'en
citez-m'en un
citez-m'en un
un seul de rêve
qui soit allé
qui soit allé jusqu'au bout du sien propre
Damas et Césaire
et celui-ci dans le recueil intitulé "Pigments"
POUR SÛR
Pour sûr j'en auraimarre
sans même attendre
qu'elles prennent
les choses
l'allure
d'un camembert bien fait
Alors
je vous mettrai les pieds dans le plat
ou bien tout simplement
la main au collet
de tout ce qui m'emmerde en gros caractères
colonisation
civilisation
assimilation
et la suite
En attendant
vous m'entendrez souvent
claquer la porte
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